Une exposition au musée La Banque à Hyères en partenariat avec l’Institut Gustave Courbet, Ornans

« Être à même de traduire les mœurs, les idées, l’aspect de mon époque, selon mon appréciation, être non seulement un peintre, mais encore un homme, en un mot faire de l’art vivant, tel est mon but. »
Cette affirmation de Courbet, écrite en 1855, dit l’essentiel : peindre son temps, peindre le vrai, refuser l’artifice. Mais elle dit aussi une ambition plus vaste : faire surgir, du réel même, une force intérieure, une vérité humaine capable de bouleverser les codes établis.
Courbet marque ainsi un tournant décisif dans l’histoire de l’art. Il rompt avec les mythologies académiques, élève les humbles au rang de sujets
nobles, introduit dans la peinture une frontalité nouvelle. Cette révolution du regard ouvre la voie à l’impressionnisme, au naturalisme, puis à toute la modernité picturale. En ce sens, Courbet est un éclaireur : libre, indocile, visionnaire.
L’exposition Gustave Courbet, du chant de la Nature aux voix de la Révolte,
explore cette tension fondatrice : la puissance des paysages et les secousses de l’Histoire, la fidélité aux racines et le refus des injonctions, l’artiste au travail et l’homme confronté aux tempêtes politiques de son siècle.


Ce projet est né d’un dialogue entre le Musée des Cultures et du Paysage d’Hyères et l’Institut Gustave Courbet, dont l’expertise exigeante et la connaissance intime du peintre ont accompagné chaque étape du parcours.

Commissaires de l’exposition – Muséographie & scénographie :
Carine Joly, conservateur, Institut Gustave Courbet, Ornans
Franck Mei, conservateur et directeur du Musée d’Hyères

PRESENTATION DE L’EXPOSITION
L’exposition Gustave Courbet, du chant de la Nature aux voix de la Révolte, propose un voyage au cœur de l’œuvre du peintre à travers plus de 120 œuvres, objets, lettres, archives et photographies anciennes. Ces
pièces, signées de Courbet et de ses contemporains, proviennent de l’Institut
Gustave Courbet d’Ornans, de musées français et de collections privées
internationales.
Cette traversée couvre près de quarante années de création et embrasse un siècle où la France change de visage : de la Monarchie de Juillet à la Deuxième République, du coup d’État du 2 décembre 1851 par le futur
Napoléon III au Second Empire, puis du traumatisme de la défaite de Sedan aux bouleversements de la Commune et aux premiers temps de la Troisième République.


Dans ce siècle fracturé, Courbet devient l’un des visages de la modernité. Il incarne une nouvelle manière de voir – et de penser – la peinture. Le parcours met en lumière cette double respiration qui traverse son œuvre :

  • Le chant de la Nature
    Ses forêts de Franche-Comté, ses vagues, ses falaises, ses sources et ses rochers expriment une relation charnelle au monde. Courbet ne décrit pas : il révèle. Il cherche la densité, la matière, la vérité mouvante des éléments.
  • Les voix de la Révolte
    Autour des scènes de la vie rurale, des portraits, des images de presse et des caricatures, surgit un autre Courbet : l’artiste qui conteste les modèles académiques, qui s’expose lui-même, qui ose montrer le peuple, les artisans, les prêtres, les paysans. Un homme qui traverse de plein fouet les tempêtes politiques de son époque et dont l’engagement pendant la Commune – notamment dans l’affaire de la colonne
    Vendôme – marquera durablement sa légende.
    Le parcours mène le visiteur des racines rurales de Courbet à son dernier refuge en Suisse, retraçant l’itinéraire d’un artiste qui a façonné sa liberté pour faire de son Réalisme, d’abord scandaleux, un acte profondément moderne.
  • Cette exposition
    entend ainsi révéler un Courbet total, poète du végétal et du minéral, mais aussi témoin actif des tensions sociales et politiques de son siècle, offrant à la peinture une voix neuve, puissante, indocile et terriblement humaine.

Liste des prêteurs :
Musée d’Art et d’Histoire, Granville / Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre / Musée de la Grande Saline, Salins-les-Bains / dépôt au musée des beaux-arts de Dole / Musée départemental Gustave Courbet, Ornans / Musée des Augustins, Toulouse / Musée des Beaux-arts, Lons-le-Saunier / Musée d’Orsay, Paris, dépôt au musée des beaux-arts de Dole / Musée Eugène Boudin, Honfleur / Musée des Beaux-arts et de la Dentelle, Alençon

ainsi que des collectionneurs particuliers français et internationaux qui ont souhaité conserver l’anonymat.