
L’exposition Gustave Courbet, une nature engagée présentée du 7 juillet 2026 au 3 janvier 2027 au musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon, en collaboration avec l’Institut Gustave Courbet, est la première exposition d’envergure consacrée à l’artiste dans le département de l’Orne.
Né à Ornans en 1819, Gustave Courbet est une figure centrale de la peinture du XIXe siècle et considéré comme le fondateur du Réalisme. Ce courant, apparu dans les années 1850, entend rompre avec l’idéalisme de la peinture néoclassique et l’imaginaire du Romantisme pour représenter le réel dans toute sa vérité, sans embellissement ni hiérarchie de sujets.
Auteur de tableaux emblématiques tels qu’Un Enterrement à Ornans (1849-50 – Musée d’Orsay, Paris), Les Baigneuses (1853 – Musée Fabre, Montpellier) ou encore le très anticlérical Retour de la conférence (1863 – œuvre aujourd’hui disparue), Gustave Courbet s’impose comme un artiste libre, provocateur et novateur, dont la peinture interroge autant qu’elle dérange.
Grand peintre de paysages, Courbet consacra près des deux tiers de sa production à la représentation du monde naturel. Il fit surtout de la vallée de la Loue, en Franche-Comté, l’un de ses motifs les plus emblématiques. La source de la Loue, peinte à de nombreuses reprises, incarne pour lui la force originelle du paysage, un lieu de mystère et de puissance. À travers les cascades, les sous-bois, les gouffres et les eaux tourbillonnantes de sa région natale, Courbet donna à voir une nature à la fois réaliste et habitée qu’il revendiqua comme une part de lui-même.
Homme de convictions attaché aux valeurs de la République, Gustave Courbet, animé par l’amour de la liberté et l’esprit de fraternité entre les peuples, prit part aux évènements de la Commune de Paris après la défaite de la France face à la Prusse en 1870. Accusé de la destruction de la colonne Vendôme alors qu’il n’avait préconisé que son « déboulonnement », considérant que cette pièce de piètre qualité esthétique était le symbole de la guerre et du martyr des peuples, Gustave Courbet fut arrêté le 7 juin 1871, puis condamné à six mois d’emprisonnement et incarcéré dès septembre à la prison parisienne Sainte-Pélagie. Après cette première peine, il fut de nouveau jugé en 1873 et condamné à payer une amende pour financer la reconstruction de la colonne Vendôme. Ne pouvant s’acquitter de cette dette, il risquait à nouveau d’être emprisonné. L’horizon judiciaire très sombre qui pesait sur lui en juin 1873 le contraignit à l’exil. Il s’établit en Suisse à La Tour-de-Peilz où il s’éteignit le 31 décembre 1877, à l’aube de rembourser la première traite de la reconstruction de la colonne Vendôme.
L’exposition Gustave Courbet. Une nature engagée n’est pas une rétrospective. Elle propose un regard actuel sur l’œuvre de Gustave Courbet. Elle ambitionne de mettre en lumière l’engagement artistique du peintre à
travers ses paysages et de revenir sur son engagement politique et humaniste. L’engagement est la nature profonde de cet artiste libre, adulé puis poussé à l’exil dans la société en crise à la fin du XIXe siècle et enfin
réhabilité dans le courant du XXe siècle.
Cette double dimension de l’engagement de Courbet, artistique et politique, s’illustre dans les deux œuvres du maître conservées au musée des Beaux-arts et de la Dentelle. Elles jouissent dans cette exposition d’une mise en perspective inédite grâce à leur réunion exceptionnelle avec le fonds de l’Institut Gustave Courbet : Gustave Courbet, Sous-bois, 48,5 x 65, Gustave Courbet, Bouquet, 22 x 29.
C’est à cet artiste épris de liberté rejetant les codes académiques et usant du scandale pour construire sa carrière, mais aussi au citoyen engagé qui paya durement le prix de ses convictions, faisant de son art un combat jusqu’à la fin de sa vie au bord du lac Léman, témoin de son exil, que l’exposition rend
hommage grâce aux prêts exceptionnels accordés par l’Institut Gustave Courbet, le musée d’Art et d’Histoire de Lisieux et le musée du Château de Flers.
L’exposition rassemble 80 œuvres et documents dont 23 tableaux du maître. Elle s’ouvre par une séquence introductive à vocation pédagogique, qui propose une sélection de gravures d’interprétation des plus grandes œuvres de Courbet comme L’Après-dînée à Ornans, L’Atelier du peintre ou Un Enterrement à Ornans. Cette entrée en matière, agrémentée de documents, objets personnels et photographies, offre au visiteur une immersion dans l’univers de Courbet, posant les bases de lecture du parcours.
L’exposition se poursuit par l’exploration de cette nature plurielle, à la fois intime et universelle, célébrée avec une intensité sans égale par Gustave Courbet, grâce à la présentation d’une vingtaine de paysages.
La sélection des œuvres s’attache particulièrement aux forêts, rivières et paysages de montagne, en écho aux paysages remarquables que l’on peut observer autour d’Alençon située en bordure des Alpes mancelles et de
la Suisse normande.
Cette séquence se prolonge dans le parcours permanent des collections par la mise en lumière de morceaux choisis afin de souligner les affinités esthétiques et humaines qui unissent l’artiste à certains de ses
contemporains, en particulier Eugène Boudin, Jules Dupré, François-Louis Français ou encore Emmanuel Lansyer. Des peintres régionaux ayant partagé avec Courbet une sensibilité commune à la nature sont également mis à l’honneur. Mary Renard, Paul Saïn, Georges Pioger et Georges Lacombe ont abondamment représenté les trésors des paysages
ornais que sont les bords de Sarthe et les massifs forestiers d’Écouves, de Perseigne et de Bellême. Ces rapprochements proposent au visiteur un éclairage renouvelé sur la peinture de paysage du XIXe siècle.
L’exposition se referme sur son engagement politique au moment de la Commune de Paris et son implication supposée dans la destruction de la colonne Vendôme, mais aussi son investissement dans la protection des
collections nationales et la réorganisation des musées en tant que président de la Commission des arts préposée à la conservation des musées nationaux et objets d’art et plus tard comme président de la Fédération des artistes.
Renseignements :
Gustave Courbet une nature engagée, du 7 Juillet 2026 au 3 Janvier 2027 au Musée des beaux-arts et de la dentelle Alençon
Les expositions temporaires – Musée des Beaux-arts et de la Dentelle


